Fonds local et patrimonial

Le manuscrit du "Pan de bois lexovien"

Il s'appelle Ms 158. C'est donc un manuscrit, commencé le 1er mai 1922 et terminé le 30 avril 1923, grâce à la plume artistique du baron Joseph Tardif de Moidrey, tombé amoureux de notre ville au point de s'y fixer au moment de sa retraite.


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Le Lisieux des années 20 y est passé au peigne fin : le baron arpente les rues, son carnet à la main. Il en remplit, des carnets ! Il en croque, des façades au crayon, à l'encre, la plupart rehaussées à l'aquarelle ! Il en brosse, des silhouettes de vieux manoirs et de maisons d'habitation, avec leurs cours intérieures et leurs toitures, mais aussi des façades d'échoppes, avec force détails des bois scupltés ! À l'arrivée, il en résulte une collection de 100 croquis tirés de ces précieux carnets, « d'où ils ont été simplement découpés puis collés, leur assurant ainsi plus d'exactitude, puisqu'ils n'ont eu à subir aucun report, car ils ont été pris sur le vif ».

 

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Ms 158 est conservé à la médiathèque de Lisieux, entouré des soins que requiert sa valeur patrimoniale exceptionnelle : il est à l'abri des méfaits de la lumière, baigne dans une température et une hygrométrie constantes, profite d'une ventilation de tous les instants.

Cela fait quelques années déjà que les visiteurs de la bibliothèque électronique de Lisieux le connaissent, puisqu'il y figure depuis le 8 novembre 2008 !

Il y est visible dans son intégralité.

 

Dans une paire de semaines, il sera à nouveau mis à l'honneur lors de la parution du très beau livre Le pan de bois lexovien de l'archéologue lexovien Claude LEMAÎTRE - lui aussi amoureux de Lisieux, sa ville natale -, dont l'édition a été confiée à la maison Corlet.

 

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À retrouver bientôt sur les présentoirs de nouveautés du fonds normand.

Mise à jour le Lundi, 29 Octobre 2012 19:23

Le Géôlier d'Evreux en 1663

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veuclin_0001Intéressante pièce des Archives départementales de L'Eure, retranscrite et publiée par Ernest-Victor Veuclin  (1846-1914) dans le numéro 70 (15 février 1895) de son étonnant bulletin bi-mensuel de 4 pages publié à Bernay et par ses soins de 1892 à 1897 : L'Antiquaire de Bernay : Petite Revue Normande.

[orthographe et graphie conservées]

Le Géôlier d'Évreux en 1663.

« 17 novembre 1663. - Le receveur de S. A. Mgr le duc de Bouillon, pair et grand chambellan de France, comte d'Evreux, nomme concierge et garde des prisons dud. lieu la personne de Jean Godefroy auquel il impose ce règlement :

Il aura de bon vin et bon cildre auxquels la justice mettra un taux qui sera refilé sur le prix commun qu'on le vend chez les bourgeois, qui haussera ou baissera selon les saisons sans que les prisonniers en puissent envoyer achepter en ville.

Il ne souffrira qu'on fasse payer aucune bienvenüe au prisouniers nouveau venus à peine d'en répondre.

Il souffrira aussy qu'on mette au fagot et autres denrées qu'il distribuera aux prisonniers.

Il ne donnera point à boire ny à manger à personne de la ville ou horsain et ne fera de la prison un cabaret, mais s'il vient quelqu'un pour voir son amy, il ne leur donnera davantage de vin à boire qu'une pinte à deux personnes, et si on voit avant que leur donner ils eussent desjà bû, il les refusera et ne leur donnera aucun vin affin qu'on ne voye point d'ivrognes dans la conciergerie.

Il traittera humainement les prisonniers et souffrira librement que touttes les personnes aillent visiter charitablement lesd. prisonniers.

Il aura un soin exact que les filles et femmes soient séparez d'avec les hommes.

Aura soin led. concierge de faire les questes aux processions qui passeront devant la conciergerie, aux prédications et aux parroisses, parce que pour ses peines et d'envoyer des billets ausdites parroisses et dadvertir les personnes dévottes du jour et heure des prédications ledit concierge aura une part esgalle à un prisonnier sur ce qui se trouvera ausdittes questes, processions, prédications et parroisses.

II ne prendra rien des autres aumosnes charittez, mais aura soin qu'elles soient esgallement distribuéz entre lesd. prisonniers et aux plus nécessiteux auxquels il ne pourra donner qu'un septier de vin à chaque repas.

II aura soin dadvertir les confesseurs destinez pour lesdits prisonniers affin de les entendre de confession aux bonnes festes.

Il aura soin qu'on face les prières le soir et le matin à certaine heure reglée ausquel un chacun assistera, et advertira les confesseurs de ceux qui refuseront de s'y présenter. Et donnera advis à tous lesd. prisonniers d'assister aux messes, prédications et prières qu'on dit dans ladite conciergerie ainsy qu'il leur est enjoint de le faire sur peine aux défaillants d'estre privez de l'aumosne. Lesquelles aumosnes seront receues par un seul prisonnier pour tous qui ensuitte les mettera ès mains d'une personne dévotte qui yra à la visitte desdits prisonniers et non à autre pour en estre par luy faitte la distribution esgallement.

Et s'il y arrive quelque aumosne extraordinaire le concierge ne souffrira que lesd. prisonniers la séparent, mais sera tenu advertir la ditte personne dévotte et charitable pour estre la ditte aumosne par luy separée à tous lesd. prisonniers pour en cas qu'il connoisse quelqu’un d’entr'eux qui aye plus de nécessité pour lors que les autres luy en fasse meilleure part à la charge de rendre lesquivalent lors que led. prisonnier aura receu sa pension ou qu'il luy soit survenu quelqu'assistance particulière et personnelle.

Le receveur seigneurial payera audit Godefroy la somme de soixante livres de gages par chacun an, sans que led. Godefroy soit tenu de payer le pain journalier des prisonniers criminels qui n'auront de parties civilles qui sera aussy payé par ledit sieur receveur…»

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L'Antiquaire de Bernay : petite revue normande / rédigée et publiée par Ernest Victor Veuclin.- Bernay : Chez l'auteur, 1892-1897.- 476 p. ; 22 cm.- [Bm Lx : NORM 1546]

Note : Acquisition faite lors de la vente aux enchères du fonds Cottin, à Lisieux le 11 février 2006 (lot 276). - Cachet d'Etienne Deville. - Bimensuel jusqu'au 1er juin 1896, puis mensuel. - Collection du n°1 (1er avril 1892) au n°116 (1er septembre 1897). 7 numéros manquants : 2, 5, 6, 10, 11, 13, 26.

Mise à jour le Samedi, 06 Octobre 2012 14:59

Croquis de collège : Honfleur, 1914-1915

cdch004Croquis de collège : Honfleur, 1914-1915 / [préf. de P.E.Geniez].- Honfleur : Imprimerie R. Sescau, [1915].- 1 p.- [13] f. de planches en coul. sous chemise ill. en coul. ; 32,5 cm. - Exemplaire n°8. L'album est composé de 13 planches gr. sur bois en couleur contrecollées, plus 2 contrecollées sur la 1ere et la 4e de couverture. [Bm Lx : Norm .... (en cours)]

« Nous nous permettons de présenter au public cet album de gravures et nous espérons qu'il aura le petit succès qu'il mérite. Les quatorze planches qui le composent ont été réalisées uniquement par les élèves du Collège de Honfleur. Un élève de troisième, habile et laborieux les a gravés sur bois. Elles furent ensuite teintées à l'aquarelle. Nous n'insisterons pas sur la valeur artistique de cet ouvrage, sur les difficultés de métier qui s'imposèrent au jeune graveur. Mais l'aisance avec laquelle ces images furent conçues et exprimée,  leur justesse synthétique, leur sensibilité naïve et charmante seront facilement appréciées.

Nous nous plaçons à un autre point de vue : nous désirons que notre initiative soit avant tout considérée comme un acte de bienfaisance. Les cent exemplaires que nous mettons en vente au profit de la Croix-Rouge de l'Hôpital de Honfleur, nous permettrons d'apporter une modeste contribution à l'œuvre généreuse qui s'est vouée au soulagement de nos glorieux blessés. »

P.E. G.

A retrouver sur la Bibliothèque électronique de Lisieux le 1er octobre. Maintenant si vous préférez le cochon, on en a aussi dans le menu du mois :

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Le Cochon, souvenirs de Normandie : 60 magnifiques gravures et dessins humoristiques avec textes et musique / [texte et illustrations de] Alfred Le Petit.- Paris (10, rue Saint-Joseph) : F. Juven, éditeur, [1898].- 93 p. : ill. ; 36 cm. [Bm Lx : Norm 1666]

« A moins que vous ne soyez Mahométan, vous avez certainement plus d'une fois mangé du cochon ; mais en vous délectant de sa chair, vous est-il arrivé de penser par quelle odyssée a passé ce malheureux animal avant d'être transformé en boudins, saucisses, pâtés, jambons, andouilles, andouillettes, cervelas, salé, galantine et chipolata.

C'est de quoi je vais vous entretenir, heureux si je puis vous intéresser quelques instants.

D'après Buffon, le cochon est un animal brut, grossier, stupide, immonde, hébété ; mais le génie de Buffon, qui embrassait toute la nature, lui faisait écrire sur trop de choses pour pouvoir tout approfondir. Aussi a-t-il fait l'histoire des animaux d'après ce qu'il en avait lu ou entendu dire, ne les ayant souvent guère vus qu'empaillés ; il en résulte que ses descriptions sont pleines d'erreurs. Tel est le cas pour le cochon, qui est juste le contraire de ce qu'il en dit.

Voici du reste ce qu'on lit dans le Dictionnaire de Larousse en réponse à l'opinion de Buffon : « Il ne serait pas difficile de prouver que ce portrait peu flatteur est souverainement injuste, etc... Je lis encore dans le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle :

« Selon quelques auteurs, le porc a l'intelligence très bornée ; il est peu susceptible de répondre aux attentions que l'on a pour lui, et de s'attacher aux personnes qui lui font du bien. »

Mise à jour le Samedi, 29 Septembre 2012 07:17

Lisieux et la Normandie vus au XVIIe siècle

Lisieux dans un dictionnaire à l'époque de Louis XIV

 

Le dictionnaire du prêtre Louis Moreri est certes un livre ancien (la première édition date de 1674), mais il n'est pas rare : de nombreuses bibliothèques françaises disposent d'au moins un exemplaire de ce qui apparaît comme un outil classique pour les savants et lettrés des XVIIe et XVIIIe siècles. Il constitue une forme d'ancêtre de ce qu'a été le Quid il y a encore quelques années. Victor Hugo l'utilisait pour documenter ses références près de deux cents ans après.

Ce Grand dictionnaire historique ou le Mélange curieux de l'Histoire sacrée et profane  est un best-seller de l'époque : il a connu pas moins de vingt éditions, passant d'un seul volume à dix tomes au milieu du XVIIIe siècle (l'auteur lui-même étant mort avant de voir la deuxième impression), avec même des « suppléments ». Ce succès s'explique par le volume considérable des renseignements (chacun des deux volumes de 1682 compte plus de 1300 pages et mesure près de 40 cm de haut !), ainsi que par l'usage du français au lieu du latin. Ce modèle a été rapidement traduit à l'étranger et copié.

Or, l'édition la plus ancienne dont la médiathèque dispose (1682) comporte une notice sur Lisieux :

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Cette courte description souligne l'importance de la religion dans l'identité de la ville (bien avant Thérèse). Sa localisation en "Haute Normandie" n'est pas une erreur : la distinction entre les deux Normandie existe depuis la fin du Moyen Âge mais les limites ont souvent changé. Or, Lisieux se trouvait à la quasi-intersection de plusieurs circonscriptions administratives. Ici, cela pourrait également signifier que Lisieux se trouvait dans la zone d'influence de Rouen, beaucoup plus prospère que Caen à cette époque. Quant à la place des fontaines publiques, elle permet de se rappeler une époque où l'eau courante n'existait pas : sa distribution était par conséquent à la fois vitale et facteur d'embellissement de la ville.

Le dictionnaire propose également quelques lignes savoureuses à l'article "Normandie" : "La Normandie est froide, mais assez fertile et abonde en blés, en bétail, en fruits et surtout en pommes et en poires, qui servent à faire le cidre et le poiré, dont les naturels [habitants] de la province font leur boisson ordinaire; mais elle manque de vin presque partout. (...) La Normandie a produit de grands hommes. Ceux de cette province sont ingénieux, mais colères et chicaneurs. Le reproche qu'on fait aux Normands ne se doit prendre que pour ceux de la lie du peuple. Les autres sont braves et généreux."

Cependant, le succès du dictionnaire de Moreri a suscité des mécontentements : non par jalousie (quoique...) mais en réaction aux nombreuses erreurs que cet ouvrage contenait. Des livres spécialement consacrés à la rectification de ses renseignements sont parus, notamment au début du XVIIIe siècle. Le trop grand nombre d'erreurs est une des raisons qui ont poussé à la publication du dictionnaire de Bayle (1696), précurseur des philosophes des Lumières, qui comporte pas moins de 43 renvois très critiques au dictionnaire de Moreri ! Edition, ton univers impitoyable...

Une version de ce dictionnaire est consultable sur Gallica (la bibliothèque numérique de la BnF).

Les versions détenues par la bibliothèque sont accessibles sur demande (à la section adulte).

Mise à jour le Mercredi, 21 Mars 2012 10:12

Une autre vue de Rouen

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Voici une des dernières images arrivée en 2011 dans le fonds patrimonial, remarquable par la fraîcheur des couleurs et la précision des détails.

Ce qui fait l'intérêt de la description d'une gravure, à part les qualités de l'image, ce sont les recherches pour aboutir à une légende la plus généreuse possible.

Le premier pas étant bien sûr l'observation, la suite s'est enclenchée, avec l'aide précieuse de notre collègue qui connaît Rouen et l'Histoire comme ses deux poches, dans une chasse aux indices dans les catalogues en ligne (Gallica, bibliothèque numérique de la BnF) pour observer d'autres plans - eux, datés ! - nous apportant parfois sur un plateau le détail recherché : datation du remplacement de traverses de voie ferrée en bois par... du fer ; époque des travaux de rénovation suscitant un échafaudage sur un clocher ; ...

Le résultat est implacable : la description d'une estampe tient davantage de la rédac' scolaire que d'un exercice de style :

Vue de Rouen : prise de la route de Bon Secours [gravure] / dessiné et lithographié par Asselmeau.- Paris : Impr. Frick aîné & fils, entre 1856 et 1876.- en coul. ; 140 x 470 mm.

"Au premier plan, sur la gauche, le pont de la voie ferroviaire de Paris au Havre - aux travées reconstruites en fer en 1856 - enjambe l'île arborée Brouilly, aujourd'hui disparue, prolongée par l'île Lacroix portant des cheminées d'usines.

L'île Lacroix est traversée par le pont Corneille appuyé sur la rive gauche et les abords de Sotteville, dont l'église Saint-Sever se dresse à l'extrême gauche de l'image.

En descendant la Seine, le dernier ouvrage est le pont suspendu à câbles métalliques des frères Seguin inauguré en 1836 et démoli en 1884.

Sur la rive droite, au premier plan, la colline de Bonsecours avec, à ses pieds, une usine en activité au bord du fleuve, sur lequel glisse un bateau à vapeur avec roues à aubes.

A l'arrière-plan, au centre, la cathédrale Notre-Dame et sa nouvelle flèche en fonte en chantier, l'église Saint-Maclou et, à l'extrême droite, l'imposante église Saint-Ouen.

Dans un plan plus proche, la petite église Saint-Paul est bien présente.

La vue dégagée offre la fuite des méandres de la Seine bien au-delà de la ville, vers la mer."

Mise à jour le Vendredi, 24 Février 2012 15:06

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